AFSV Association Française des souffleurs de verre

Maladies professionnelles

Maladies Professionnelles 

1. Inhalation de poussières :

Seules les particules dont le diamètre est inférieur à 5 µm (5.10-6) pénètrent dans l’organisme :

– une partie est rejetée avec l’air expiré.

– d’autres sont éliminées par un phénomène physiologique d’épuration.

Les poussières de silice et d’amiante agissent sur les alvéoles pulmonaires en provoquant la formation de nodules et donnent une fibrose irréversible (diminution de l’élasticité alvéolaire) entraînant une gêne respiratoire de plus en plus importante. Il y a réduction de l’échange gazeux entre l’air et le sang dans les poumons. L’examen périodique des poumons par radiographie permet de déceler les éventuelles premières atteintes.

2. Silice :

L’usinage à froid du verre se faisant toujours à l’eau (lubrification/refroidissement des outils diamantés), le risque d’empoussièrement n’est présent que lorsque l’eau s’est évaporée rendant alors la silice très mobile. Un bac de décantation (amovible) à la sortie des machines et avant la conduite d’évacuation des eaux usées permet ainsi :

  • De conserver ces poussières dans l’humidité sous forme de boues
  • D’éviter de boucher les conduites par ces mêmes boues

Un curage régulier et le stockage dans des sacs appropriés en permettra l’élimination propre. Dans le cas du travail à chaud, et plus précisément celui de la silice fondue, une aspiration au plus près du chalumeau (cône ou dosseret aspirant) permettra d’éliminer une grande partie de ces poussières. Mais pour être complet, il conviendrait de rajouter sur le circuit d’extraction un laveur de gaz (sorte de barboteur géant) qui sera capable de mouiller et de fixer les poussières de silice avant le rejet dans l’atmosphère. Le traitement des boues résiduelles s’effectue alors plus simplement.

3. L’amiante :

Son utilisation est interdite, voir page suivante « Silice et amiante »

4. Exposition à la chaleur et aux rayonnements

Lors du travail au chalumeau, le verre porté au point de fusion émet, outre des poussières, des rayonnements dont la longueur d’onde est comprise entre 2000 et 30000 Å (1Angström = 10-10m) :

– ultraviolets (UV) de 2000 à 4000 A,

– visible de 4000 à 8000 A,

– proche et moyen infrarouge de 8000 à 30000 A.

Les poussières sont retenues par le mucus qui humecte la face postérieure des paupières et la face antérieure du blanc de l’œil. Si l’œil est soumis au rayonnement visible du sodium (lumière jaune) par exemple, il y a un assèchement qui se traduit par une douleur au niveau de la paupière et du blanc de l’œil. L’éblouissement, même paupières fermées, peut provoquer des lésions au niveau de la rétine (baisse de l’acuité visuelle et diminution du volume du nerf optique). La chaleur dégagée par le rayonnement crée une tension des globes oculaires et un rétrécissement de la pupille. Elle peut aussi provoquer une brûlure des paupières ou de la cornée.

Les yeux sont particulièrement sensibles aux rayons UV. Même une exposition de quelques secondes peut provoquer des affections temporaires connues sous le nom de photokératite et conjonctivite. La photokératite constitue une affection douloureuse causée par l’inflammation de la cornée. L’œil larmoie et la vision s’embrouille. La conjonctivite consiste en une inflammation de la conjonctive (membrane qui tapisse la face intérieure des paupières et la sclérotique, ou blanc de l’œil), qui enfle et d’où s’écoulent des sécrétions aqueuses (voir la figure 3). Cette affection est une source d’inconfort plutôt que de douleurs et n’influe habituellement pas sur la vision.

Les UV (rayons ultra-violet) et une grande partie des IR (rayons infra-rouge) ne sont pas détectés par la rétine humaine et une exposition prolongée peut provoquer une cataracte (opacification du cristallin). Ces rayons provoquent des brûlures au premier degré caractérisées par un bronzage de la peau. La température de l’air au contact de la peau du souffleur de verre peut atteindre 45 à 50 °C.

5. Prévention

Le port de verres filtrants est donc indispensable. Les souffleurs de verre borosilicaté devront porter des lunettes dont les verres au Didymium sont de couleur lilas (bleu, violet).

   

Les souffleurs de silice fondue devront s’équiper de lunettes aux verres deux tons capables d’arrêter les UV (1/3 incolore en haut, 2/3 vert noir n°7 minimum en bas). Le 1/3 transparent sert à pointer au début de la chauffe du quartz.

Pour le travail au tour il existe un masque à écran rabattable très pratique et efficace en protection. Il existe également des écrans hermétiques munis d’un hublot et refroidis par circulation d’eau distillée colorée par un absorbant des UV et des IR (principalement sur les tours verriers). Le port de gants en coton et d’une blouse en coton limitera les risques de brûlures, mais aussi les empreintes sur la silice fondue dans le cas des gants.

En cas d’accident réalisez vos premiers soins:

  • En cas de projections chimique, rincez l’œil à grande eau pendant une dizaine de minutes.
  • En cas de projections de corps étranger, ne pas chercher à le retirer, consulter un ophtalmologiste.
  • En cas de gonflement ou de saignement de la paupière, appliquez de la glace.

Composez le 15 (SAMU) ou le 18 (Pompiers).

Si nécessaire, le SAMU ou les pompiers se ren­dent immédiatement sur le lieu de l’accident. Ils assurent les premiers soins sur place et vous transportent vers l’établissement hospitalier le plus proche. Le service urgence ophtalmologique. Dans la majorité de centres hospitaliers, il existe des unités spécialisées pour les urgences ophtalmologiques. L’ophtalmologiste dispose d’outils sophistiqués lui permettant d’établir un diagnostic précis et de réaliser les soins. Renseignez-vous auprès du centre hospitalier le plus proche de votre domicile.

5. Exposition au bruit :

Le bruit produit une sensation auditive qui se mesure en fréquence et en intensité.

L’unité de mesure de la fréquence est le Hertz (Hz) et la mesure d’intensité le décibel (dB).  55 dB est le seuil acceptable sans danger pour l’oreille il ne devrait jamais être dépassé. Le bruit commence à être perçu comme intense à partir de 60 dB. Selon l’échelle du bruit, une exposition permanente à 70 dB peut affecter l’audition et l’ensemble de l’organisme (insomnie, boulimie, hypertension artérielle, irritabilité et stress). La surdité progressive intervient à partir d’une exposition permanente de 80 dB.  Le chalumeau, par la vitesse d’éjection des gaz, émet un bruit important jusqu’à 105 dB. On peut considérer que les scies diamantées en charge émettent entre 85 dB et 97 dB environ. Le bruit devient douloureux dès 120 dB.

L’exposition à des bruits et à des sons de forte intensité peut provoquer l’apparition d’acouphènes, c’est un bruit ou un sifflement incessant ressenti dans les oreilles ou dans la tête. La surdité est une maladie professionnelle indemnisable

En France, plus de 750 surdités professionnelles sont reconnues chaque année. L’exposition à des sons de forte intensité peuvent être à l’origine d’une surdité définitive et survenant parfois très brutalement. Selon l’échelle du bruit, une exposition permanente à 70 dB peut affecter l’audition et l’ensemble de l’organisme (insomnie, boulimie, hypertension artérielle, irritabilité et stress). La surdité progressive intervient à partir d’une exposition permanente de 80 dB. Le chalumeau, par la vitesse d’éjection des gaz, émet un bruit important jusqu’à 105 dB. On peut considérer que les scies diamantées en charge émettent entre 85 dB et 97 dB environ.

  Prévention

Le port de bouchons d’oreilles ou d’un casque antibruit assurerons déjà un meilleur confort. Une étude plus poussée de l’acoustique de l’atelier devrait aussi pouvoir réduire la résonance, mais il est souvent difficile, voire impossible d’insonoriser totalement notre lieu de travail.

  Conseil.  Mettre les protections avant d’être exposé au bruit et les enlever seulement quand le bruit a cessé.

Pour plus d’informations : le Centre d’Information et de Documentation sur le Bruit (CIDB). Si vous cherchez une solution réglementaire ou technique à des problèmes de bruit, quelle qu’en soit la source, vous pouvez écrire ou contacter le CIDB.

12-14 rue Jules Sourdais 75017 Paris

Tél. : 01 47 64 64 64       Fax : 01 47 64 64 63